Restauration de Tévennec

Un phare rentré dans la légende

Allumée en 1874 pour baliser les approches nord du Raz de Sein, la maison-feu a été édifiée sur l’îlot mythique de Tévennec dont l’histoire remonte aux temps des légendes celtes…

Cet endroit particulièrement isolé et son atmosphère délétère ont eu raison de nombreux gardiens devenus fous ou décédés accidentellement. En 35 ans, vingt-trois gardiens dont quatre femmes se sont succédé dans ces lieux jugés si inhospitaliers que certains ont demandé leur mutation quelques semaines après leur débarquement à l’exception, d’un d’entre eux, qui a tenu quinze ans de 1881 à 1896.

Puis de la fin du siècle à 1910, quatre couples ont successivement gardé les lieux dont un qui resta cinq ans.

Tévennec, seul face à la mer depuis 145 ans

Allumé le 15 mars 1875, plus personne n’a habité le phare depuis 1510 excepté lorsque la SNPB y séjourne ou beaucoup plus longuement (69 jours) lors de l’opération « Lumière sur Tévennec » en 2016.

Les bâtiments n’ont cessé de se dégrader au fil du temps, assaillis par le mer. Les annexes comme l’appentis du four à pain, la terrasse, la salle inférieure sont très délabrés.

Son toit fuit, les souches des poutres de sa charpente pourrissement, l’intérieur est totalement délabré, les ouvertures sont condamnées. Le toit est donc une toute première priorité. La SNPB organise la restauration des lieux pour en faire, à terme, une résidence ouverte aux membres de l’association, artistes et personnes souhaitant se ressourcer.

La maison est ceinturée par une terrasse qui offre un point de vue exceptionnel à 360° sur le Raz de Sein et l’Iroise. Les assauts du mauvais temps et les années d’absence d’entretien ont eu raison de l’état des lieux. A l’intérieur, les boiseries et les parquets sont en très mauvais état.

L’ensemble est complété par une citerne, une salle voûtée importante sous la terrasse et un four à pain, seul exemple pour un phare en mer, avec Cordouan.

L’entrée de l’appentis du four à pain.

Pour d’autres petits appentis les traces sont encore visibles. En Juin 2011, la Société Nationale pour le Patrimoine des Phares et Balises a signé avec les services de l’État une autorisation temporaire d’occupation des lieux pour une durée de 10 ans. C’est jusqu’à ce jour l’unique fois que l’administration a signé une telle autorisation pour un phare éloigné en mer. Il s’agit donc d’une grande première nationale.